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J'ai planté une graine de bonheur dans ma vie

Publié le 02/09/2012 à 17h05 - mis à jour le 16/10/2012 à 16h04 - Vu 67090 fois

J’ai fait un certain nombre de stages de développement personnel dans le but d’évoluer. Parmi les techniques, il y en a deux qui m’ont particulièrement marqué : mon initiation au Reiki et la méditation Vipassana. Au passage, je remarque que c’est mon instinct qui m’a conduit vers ces deux belles techniques. Je ne savais pas ce qu’était le Reiki, avant d’avoir entendu un journaliste en parler sur une radio. Je ne savais pas vraiment ce qu’était la méditation Vipassana pour n’avoir lu qu’en « diagonale » les explications sur leur site. Ce que je savais, par contre, au plus profond de moi, c’est que cela ne pouvait être que bon pour moi. Et, cela l’est.

J'ai planté une graine de bonheur dans ma vie. Et, je ne sais pourquoi, j’ai la Foi. Je sais qu’elle va germer. Ensuite, cette graine de bonheur va essaimer (ou « et s’aimer ») et produire d’autres graines de bonheur. C’est ce qui me pousse à partager avec vous ma dernière expérience. 

Je viens de terminer dix jours de méditation Vipassana. J’ai trouvé l’enseignement non seulement simple, mais d’une efficacité remarquable. D’où cette envie de partage. Je le ferai au travers de mon vécu, sachant que chaque « étudiant Vipassana » vit ce qu’il doit vivre. Aussi, je vous précise que cette expérience m’est personnelle. Elle ne peut donc être une vérité pour les autres et il y a des chances que vous viviez dans un centre Vipassana des expériences différentes car, comme vous le savez, nous sommes tous uniques.

Les trois premiers jours furent trois jours de combat. Il m’a fallu me « battre » contre mon inconscient, afin qu’il se focalise sur ma respiration. Il a fallu que je lutte sans cesse pour obliger mon inconscient à rester uniquement sur l’observation de ma respiration, telle qu’elle se faisait, dans l’instant. Il a fallu que je lutte, sans cesse encore, pour lui éviter qu’il soit distrait par les divagations d’un mental indiscipliné, qui ne cherchait qu’à l’entraîner. 

Pourtant, dès le premier jour, au travers de cette simple observation de la respiration, à raison d’à peu près dix heures de méditation par jour, je réalisais que mes états d’être étaient changeants, moments après moments. Première prise de conscience : rien n’est constant, tout est changement. C’est l’expérience de l’impermanence.

Le deuxième jour, la surface d’observation ayant été réduite, je remarquais que je respirais plus particulièrement par une narine. Puis, au cours de la journée, la deuxième narine s’est ouverte à la respiration et là, je me suis senti équilibré. Deuxième prise de conscience : la respiration participe à l’équilibre de mon être.

Le troisième jour, nous continuons à observer l’impact de notre respiration mais, sur une surface encore plus réduite. Je ressens la caresse d’un air chaud sur le petit triangle situé en-dessous de mon nez. Je ressens le léger frémissement d’un duvet, pourtant inexistant, en cet endroit. 

Le soir de ces trois premiers jours, je suis allé me coucher avec la tête dans les nuages. J’imagerais ce ressenti en faisant une comparaison avec un muscle que l’on refait travailler, après une longue période d’inaction. Je ressens dans mon cerveau comme une courbature. Et je peux déterminer sa situation, sa taille et son poids. Sauf que là, je n’ai pas mal. La sensation est plutôt légère, mais extrêmement présente. Cela fourmille également. Ce sont des effets que nous pouvons ressentir, parfois, en relaxation. Je ressens comme si ces efforts de concentration « musclaient » mon inconscient, afin qu’il devienne de plus en plus conscient. Et, c’est vraiment ce qui se passe.

Ce qui me fait dire ça, c’est que les sensations que je perçois sont de plus en plus subtiles.

Et pour renforcer cette déduction, j’ajoute qu’au cours de la troisième nuit, j’ai commencé à me rappeler de mes rêves et ce, durant trois jours. Il faut que je dise qu’habituellement, je ne m’en souviens pas. Ou plutôt, disons que je me rappelle d’un rêve tous les quatre, voire cinq ans ! Là, en trois nuits, j’ai fait au moins quatre rêves. 

Le quatrième jour, j’ai expérimenté que la matière n’était en fait qu’énergie. Pendant ces premiers jours, je ressentais une énergie plus intense dans mes mains. J’ai pensé que cela pouvait venir du fait que je pratiquais le Reiki. Et bien là, cette sensation, en plus intense, a envahi la totalité de mon corps. Je ne percevais de moi que des bulles d’énergie. J’étais un assemblage de petites bulles. Ne pensez pas que cela fut confortable. De ce fait, au lieu de simplement observer, je suis sorti de l’expérience. Cependant, le soir, dans mon lit, avant de m’endormir, j’ai remarqué qu’une énergie circulait librement, de manière continue, partout dans mon corps. Avant, je ne ressentais pas l’énergie dans le bas de mon corps, ou bien seulement, morceau par morceau, et seulement quand je mettais mon attention dessus.

Ce quatrième jour fut également le plus terrible, avec le cinquième au matin. Un point de sciatique, que j’avais oublié, a refait surface. Alors, était-il présent dans les premiers jours ? Je suis incapable de vous le dire. Ce que je peux dire c’est que cela a été terrible. Comme chacun, j’ai souffert de problèmes dans mon existence. Je ne me rappelle pas avoir autant souffert que ce jour-là. A un point tel que je me suis demandé si je n’étais pas « maso », pour être venu me faire tant de mal. Je suis allé voir mon instructeur. Il m’a conseillé d’observer ma respiration à partir du point sous le nez et, si cela n’allait toujours pas, de bouger. J’ai repris ma place. La souffrance s’est immédiatement manifestée. Et là, j’ai pensé aux personnes qui ont été torturées durant la guerre. 

Je me suis rendu compte que si j’avais été une de ces personnes, je n’aurais pas supporté cette violence. J’aurais parlé. J’en étais sûr. Je me suis alors raisonné en me disant : « Mais enfin, Jean-Marc, te rends-tu compte que tu es là, assis confortablement sur trois coussins, que deux autres soutiennent tes genoux et tu ne peux endurer cette souffrance ?!! Que ne donneraient ces personnes pour être à ta place ? » Malgré ça, je n’ai pu résister. Je suis sorti. Ce soir-là, en me couchant, je réalisais que j’avais fui devant ma souffrance.

Le lendemain, cinquième jour, c’était reparti. Cependant, ayant pris conscience de ma fuite de la veille, j’ai décidé que cette fois-ci, j’allais observer cette souffrance. Je l’ai donc regardée en face. J’ai vu qu’elle était incandescente, que c’était un brasier. J’ai vu sa profondeur. J’ai vu que cela irradiait partout dans ma cuisse, dans ma jambe, dans ma fesse. J’ai pu suivre son trajet. J’ai vu son étendue. Et là, d’un coup, miracle ! J’ai vu un vortex, vous savez, comme quand on verse du sucre semoule dans un entonnoir : cela s’écoule très rapidement en créant un petit vortex au centre. C’est comme ça que j’ai vu ma douleur disparaître. Lorsque je suis sorti à la pause, je pleurais de gratitude. Je découvrais notre force de guérison et, en même temps j’expérimentais ce que quelqu’un a dit : « la souffrance est un jugement que l’on porte sur la douleur ». La douleur n’est qu’une manifestation physique. Rajoutez-y le mental, elle devient souffrance. Et là, non seulement notre mal augmente mais en plus, il s’imprime et paraît-il, se multiplie.

C’est grâce à cette découverte, ce cinquième jour, que j’ai véritablement évolué dans cette technique. Le sixième jour, réputé l’un des plus difficiles, fut merveilleux de facilité pour moi. J’ai dû faire pas loin de 7 à 8 heures de méditation, sans bouger. 

C’est à peu près à partir de là aussi, qu’après avoir mangé à 11 heures, je constatais que j’avais une barre au niveau du diaphragme. Lorsque je vais chez le médecin, je suis incapable de lui dire avec précision ce que je ressens, et où exactement se situe le problème. « J’ai mal par ici. » Qu’il se débrouille donc avec ça ! Là, j’ai vu cette barre. Sa situation, sa longueur, son épaisseur me sont apparues. Je savais qu’elle contenait de l’air avant même qu’un phénomène ne se produise dans mon corps, venant me confirmer cette perception. Mes « boyaux », dès que mon regard intérieur insistait, se mettaient à grouiller, comme cela arrive bien souvent, à nos clients traités en Reiki. Ensuite, dans la minute ou deux suivantes, j’avais un renvoi. En fait, pas de vortex cette fois-ci. Mais, l’observation menait à nouveau à l’évacuation.

J’ai fait bien d’autres observations. Et oui, parce que dix jours, sans aucun échange de paroles ou de gestes avec les autres, amènent inévitablement à s’observer. J’avais conscience de certains côtés sombres de ma personnalité : impatience par exemple. Là, je me suis observé dans mon impatience. Cela aurait été dans ma vie de tous les jours, quelqu’un aurait certainement fait les frais de cette impatience. J’ai pris conscience aussi de mon avidité. Je ne la voyais pas. J’ai fait également d’autres pas aussi, vers davantage de clarté, vers davantage de véracité sur moi. 

Un autre exemple d’expérience. Certaines souffrances doivent s’exprimer dans la toux, les raclements, les reniflements, etc., manifestés par certains, au cours des séances de méditation. Cela m’a beaucoup dérangé pendant un moment. Il y avait une toux, en particulier, qui me gênait. A chaque fois qu’elle s’échappait de la personne, située pourtant à une autre extrémité de la salle, elle venait me percuter le tympan. J’ai fini par observer dans mon corps, que ce son ne restait pas au niveau de mon oreille. Il provoquait une véritable onde de choc à l’intérieur, comme un éclair. Vous connaissez peut-être la chanson de Bénabar : l’effet papillon ! J’ai fait là, l'expérience de l’interdépendance. 

Dans les deux derniers jours, nous pratiquons la marche consciente. Nous nous observons dans nos promenades, lors de notre coucher, durant notre repas, enfin, à tout moment. Et là, vous ouvrez aussi vos oreilles, vos yeux, votre nez, votre ressenti. Je me rappelle d’un papillon. Avez-vous déjà vu l’ombre d’un papillon ? Moi, jamais. 

Je voyais le papillon, jamais son ombre. Un petit papillon voletait dans mon dos. J’étais arrêté. Je voyais son ombre se projeter devant moi. J’ai tendu la main très délicatement. Il ne s’y est pas posé. Il s’est posé sur mon dos : petit moment d’émotion !

Je me couchais entre 21 et 22 heures. J’étais réveillé toujours vers 2 heures, 2 heures 30 le matin. Le lever était fixé à 4 heures. Cependant, je n’étais pas fatigué et je remarquais que j’étais clair dans ma tête. Le dernier jour, j’ai également remarqué cette nouvelle capacité de récupération pour moi. Ce jour-là, nous retrouvons l’usage de la parole. J’ai parlé avec mon voisin de lit, jusqu’à environ 1 heure du matin. Nous avions besoin de faire connaissance. Nous n’avions pu nous présenter avant. Autant vous dire que lorsque le réveil a sonné, je n’étais pas très frais, car de plus, c’est la nuit où nous sommes passés en horaires d’été. Nous avions donc dormi deux heures. Pourtant, la fatigue, très présente, s’est totalement diluée durant la première méditation de la journée.

Le jour où nous retrouvons la parole est magique aussi. Il y a toujours des gens, sur lesquels je me faisais certaines idées, pendant ces dix jours où nous nous sommes côtoyés, sans nous parler. Je me suis rendu compte, ce jour-là, que je me suis ouvert, en premier, à ceux-là même que j’avais jugés. Je me suis découvert un allant et une joie que j’ai pu communiquer. 
Puis, vint le moment du baume sur l’opération du cerveau que nous avions entreprise. Une méditation tournée vers le pardon à ceux que nous avons pu blesser ; le souhait que nous obtenions le meilleur pour nous et pour tous les êtres. J’ai ressenti à ce moment une grande ouverture, avec une sensation de chaleur agréable, au niveau du cœur. Et, au silence qui a suivi cette méditation, l’amour était palpable dans cette salle où nous étions environ cent soixante.

Je suis ressorti de ces dix jours avec un sentiment de joie, une sérénité plus profonde, une plus grande confiance en moi, une écoute dans le respect de l’autre plus importante, une foi en la vie plus certaine.

Bouddha a annoncé, trois jours avant son départ, qu’il allait quitter son corps matériel. Un méditant Vipassana n’a pas peur de la mort. Il l’observe. C’est ce qui nous a été dit. Et, vu ce que j’ai expérimenté, je veux bien le croire. Je ne peux cependant vous certifier cela. Je n’en n’ai pas encore fait l’expérience et, je n’ai pas envie de la faire encore !!! Je trouve tellement la vie de plus en plus belle.  

Aujourd’hui, je continue à méditer. Compte-tenu de l’apport inestimable reçu en dix jours, oui, je veux en faire un art de vivre. Je me sais sur le chemin du bonheur. J’ai toujours mon point de sciatique. Mais, dorénavant, il est tout à fait supportable. J’ai la certitude qu’il va disparaître.

Voilà, dès que j’ai eu terminé, je n’avais qu’une envie, celle de partager avec vous ce bonheur d’avoir trouvé un moyen simple d’évolution, mais oh ! combien efficace !
Puisse cette graine de bonheur germer en vous,

Jean Marc 
j.m.benard@orange.fr