Le stress post-traumatique et le Reiki – par Aurélie Delgado –

Le stress post-traumatique et le Reiki

– par Aurélie Delgado –

Le stress post-traumatique (SPT) ou stress post-traumatique complexe (SPTC) est un trouble psychologique qui apparaît après avoir vécu ou été témoin d’un événement perçu comme menaçant la vie, la sécurité ou l’intégrité (physique ou psychologique).

Le cerveau reste bloqué dans un mode survie, comme si le danger était toujours présent, même lorsque tout est fini, et ce jusqu’à plusieurs mois ou années après l’épisode traumatique.

Il peut être créé par des événements brutaux comme des accidents, des agressions ou encore par des événements successifs et répétés dans le temps, comme du harcèlement, de la violence psychologique, de la violence économique, une relation abusive, etc.

Nous avons l’habitude d’entendre parler de ce trouble qui toucherait majoritairement les militaires ou les personnes victimes d’attentat. Malheureusement, ce syndrome touche tout le monde. Également les personnes ayant été victime de partenaires avec des dysfonctionnements psychologiques comme le narcissisme, la perversion, le machiavélisme ou tout autre trouble psychopathique, entraînant une relation destructrice et abusive sur le long terme.

Ce genre de dégât est plus compliqué à détecter, car les blessures psychologiques ne se voient pas, contrairement aux blessures physiques ou tout autre événement qui laisse des traces ou des preuves concrètes. Cependant, il s’avère que les blessures psychologiques laissées par une relation abusive laissent des séquelles neurologiques graves qui peuvent être observées par IRM.

Par conséquent, on peut réellement avancer que les personnes victimes de relation destructrice et abusive souffrent des mêmes symptômes qu’une personne qui a fait la guerre ou encore qui a été victime d’un attentat ou d’un viol. Il est compliqué aujourd’hui de donner des statistiques sur les victimes de ce genre de relation, car les preuves sont faibles, basées sur du vécu ou de la mémoire. De plus, beaucoup de personnes n’en parlent pas car elles ont honte d’avoir vécu une telle violence autant de temps. On sait cependant qu’elles sont nombreuses et que ce mal moderne laisse comme empreinte à chaque fois le syndrome de stress post-traumatique.

Là où notre mental cherche une raison ou un sens à ce que l’on a vécu, le corps, lui, enregistre et imprime les dangers auxquels il a fait face. Chaque geste, parole, son, odeur, coup, émotion ou choc, est scrupuleusement gardé en mémoire et réutilisé pour nous préserver et nous mettre à l’abri d’un éventuel futur danger.

Après un événement traumatique, le corps a enregistré chaque détail de l’environnement à l’instant « t » et réenclenche ces mémoires dès que quelque chose lui rappelle le traumatisme. Ce déclenchement s’appelle un « trigger » et peut durer plusieurs minutes à plusieurs heures, voire plusieurs jours en fonction de la complexité du syndrome. Il peut être déclenché par une position du corps, une voix, un son, une odeur, un bruit, une situation… Tout ce qui va lui rappeler le traumatisme ou l’environnement où nous nous trouvions lors du danger.

Voici les symptômes du SPT :

  • Des reviviscences du traumatisme (flashbacks, cauchemars, souvenirs envahissants),
  • Une hypervigilance permanente (anxiété intense, sursaut, tensions physiques),
  • Des stratégies d’évitement (fuite des lieux, personnes ou émotions liées au trauma),
  • Des altérations émotionnelles et cognitives (culpabilité, colère, tristesse profonde, pensée négative sur soi et le monde),
  • Perte de mémoire court terme, perte de repère géographique ou temporel,
  • Tremblements plus ou moins intenses,
  • Dissociation (comme si on était étranger à la scène ou à son corps),
  • Migraines intenses répétées,
  • Gêne dans la cage thoracique,
  • Picotements, douleurs et inflammations invisibles, sensation de feu sur la peau, douleur diffuse sur le corps ou partie du corps,
  • Sensation de paralysie momentanée du corps ou des membres.

Mais vous savez quoi ? Bonne nouvelle ! Le syndrome de stress post-traumatique se guérit avec les bonnes méthodes et de la régularité.

En libérant les mémoires traumatiques et en régulant le système nerveux, on retrouve petit à petit une stabilité, de l’ancrage et une confiance en soi. On ne retrouve pas son système nerveux d’avant, mais on reconstruit une dynamique plus alignée et plus sereine jour après jour. Et vous savez ce qu’est l’autre bonne nouvelle ? Vous avez développé un « radar à embûches » beaucoup plus affûté qu’avant ! Là ou votre mental ne sait pas si cette personne est bonne pour vous, votre corps, lui, il sait, et vous le fera savoir bien plus vite que votre tête et votre raisonnement analytique. Cet épisode que vous avez vécu vous a probablement donné la sensation d’être vidé et amoindri, mais ce n’est qu’une illusion. Désormais, vous saurez repérer rapidement les mécanismes et les personnes mauvaises pour vous mieux que quiconque, comme si vous aviez développé un super pouvoir. Même si, parfois, vous vous êtes senti faible, gardez seulement en tête que souffrir de ces symptômes n’est pas une faiblesse : c’est le signe que votre âme réclame un rééquilibrage dans votre corps, mais aussi dans votre environnement, pour votre plus grand bien.

Pour ce faire, nous avons un parcours intéressant à mettre en place :

  • Accompagnement psycho-corporel (Et nous allons particulièrement nous intéresser au Reiki),
  • Travail sur le nerf vague (cohérence cardiaque, respiration, sons graves, mouvements doux),
  • Retour progressif à la sécurité intérieure : routine simple, ancrage, régularité,
  • Un accompagnement médical ou thérapeutique avec un professionnel pour soulager les douleurs physiques et trouver un sens (lignée familiale, croyance, emprise, ancien schéma).

Il s’avère que le Reiki est exceptionnel pour se réapproprier son corps et l’aider à libérer les mémoires traumatiques. Il permettra de rééquilibrer les énergies, comprendre et identifier les triggers et surtout à retrouver un compromis de rééquilibrage entre le mental, l’âme et le corps. Ce que j’ai pu observer, c’est que certains triggers peuvent être liés au fait que le corps et le mental sont dissociés. Les deux parties ne sont pas d’accord et veulent deux choses différentes en même temps. Cela peut entraîner de la dissociation (ex : votre corps veut manger du chocolat, mais votre mental ne veut pas. Votre corps veut retourner avec cette personne mais votre mental ne veut pas, etc.). Le Reiki peut aider à mettre ces dissonances au clair, y mettre de la conscience et apporter des compromis pour réunifier toutes les polarités pour le plus grand bien de la personne. Il aide aussi à libérer les émotions stockées et mettre du sens sur l’anxiété et les crises de panique.

Voici donc une petite routine que l’on peut mettre en place pour accompagner le SPT en douceur, car l’idée ici n’est pas de le combattre, il fait partie de nous et son but est de nous protéger. L’idée est de l’accueillir et lui apporter tout ce dont il a besoin pour ainsi diminuer, voire faire disparaître, les symptômes. Demandez conseil à un professionnel de santé en cas de doutes ou de problèmes de santé (traitement, grossesse, maladie, allergie, intolérance…). N’utilisez jamais les huiles essentielles pures sur la peau.

Routine naturelle pour accompagner le SPT

L’objectif va être d’apaiser le système nerveux, réduire les symptômes du SPT, retrouver de l’ancrage, du calme et de l’énergie vitale.

Durée : 6 semaines renouvelables (avec une pause de deux semaines entre chaque cycle)

MATIN (énergie douce et ancrage)

  • Tisane tonique/nervine : 1 c. à café de Tulsi (adaptogène, rééquilibre l’organisme, renforce le système immunitaire, apaise les inflammations, apporte clarté mentale), 1 c. à café Rhodiola (si fatigue mentale) ou Ashwagandha (si anxiété persistante), 1 c. à café Romarin (si brouillard mental). Infuser 10 min dans 300 ml d’eau. Boire chaud ou tiède en conscience.
  • Compléments alimentaires : Oméga 3 (neurologie) 1, à 2 capsules, et magnésium (pour la fatigue nerveuse et mentale), suivre les recommandations.
  • Traitement Reiki rapide : main gauche sur le plexus solaire, main droite sur le cœur pendant 5 à 10 min. Répétez l’intention pendant toute la durée du traitement :

« Je suis en sécurité. Je me donne la paix dont j’ai besoin ».

APRÈS-MIDI (soutien et régulation émotionnelle)

  • Je me fais mon roll-on de secours pour la journée (olfactothérapie)

Pour 10 ml d’huile d’amande douce : 2 gouttes de petit grain bigarade (réduit le stress et l’anxiété), 2 gouttes de lavande vraie (relaxante et calmante, soulage certaines douleurs et migraines), 1 goutte d’encens oliban (méditatif, calme l’esprit).

Appliquer sur les poignets, le plexus solaire et la nuque en cas de montée d’émotions ou de panique.

  • Traitement d’urgence de Reiki : tu peux utiliser ton roll-on sur tes poignets et légèrement sur les tempes avant de faire la méthode :

Une main sur le front et l’autre main sur le cœur, ou les deux mains sur le cœur selon les ressentis, pendant 3 min : « Je suis en sécurité ».

Les deux mains sur les tempes pendant 3 min : « Je suis en paix »

Ou

  • Reiki express

Poser les mains sur le cœur ou le plexus pendant le temps nécessaire.

Intention à répéter : « J’accueille, j’apaise, je relâche. »

SOIR (apaisement profond et sommeil réparateur)

  • Tisane calmante : 1 c. à café de mélisse (apaise, réduit le stress, favorise la détente, soulage les maux de tête), 1 c. à café d’aubépine (régule la tension artérielle, apaise, réduit l’anxiété, améliore la qualité du sommeil), 1 c. à café de passiflore (calme, favorise la qualité du sommeil, apaise la nervosité, effet relaxant sur le système nerveux).

Infuser 10 min dans 300 ml d’eau tiède ou chaude, boire 30 à 60 min avant le coucher.

  • Huile de massage relaxante (selon les besoins, 1 à 2 fois / semaine)

Dans 20 ml d’huile d’amande douce : 3 gouttes de camomille romaine (détend les muscles, réduit les tensions, calme l’anxiété, anti-inflammatoire), 2 gouttes de lavande vraie, 1 goutte d’encens oliban.

Masser le plexus solaire, les pieds et le dos. Parfait après un auto-traitement de Reiki.

Masser les mains avant la routine reiki du soir.

  • Routine Reiki du soir

Les deux mains sur la gorge pendant 3 min, les deux mains sur le cœur pendant 3 min et les deux mains sur le ventre pendant 3 min. Pour les initiés au premier degré de Reiki, restez 5 minutes minimum. Si vous ressentez d’autres endroits du corps qui ont besoin de libérer et rééquilibrer les énergies, vous pouvez aussi les faire. Pendant toute la durée du traitement, répétez l’intention suivante :

« Je me libère du passé, je me reconnecte à ma paix intérieure ».

Vous pouvez aussi diffuser dans la pièce si vous le souhaitez 2 gouttes de petits grain bigarade et 2 gouttes de lavande vraie.

Crises de guérison

Comme nous le savons et comme il nous a été enseigné, le Reiki peut déclencher des crises de guérison. Ce sera peut être aussi le cas avec cette routine, car le but est de réguler le nerf vague et le système nerveux, mais aussi de libérer les émotions et les mémoires. Il se peut que, lors des traitements de reiki, vos symptômes augmentent (flashback, tremblement, tristesse, colère, douleurs, agitation du corps ou des membres, sensations ou sensibilité décuplée…). C’est bon signe, car vous êtes en train de libérer les mémoires traumatiques. Plus elles se libèrent et plus le syndrome de stress post traumatique sera court (plusieurs mois au lieu de quelques années par exemple). Si les crises sont trop fortes, écoutez votre corps et accompagnez ce processus à votre rythme. Vous pouvez arrêter un moment, puis reprendre quand vous le sentez.

Pourquoi ce sont des signes positifs

  • Ils montrent que le système nerveux réagit, qu’il se remet en mouvement après un état de gel, de survie ou de blocage.
  • Ce sont souvent des décharges de stress accumulé ou de vieilles mémoires émotionnelles qui se libèrent peu à peu.
  • Le retour de sensations physiques (même désagréables) peut indiquer que le corps redevient réceptif — c’est un signal de reconnexion.

Le processus de guérison n’est pas une course, ni un défi en soi. Chaque étape vers votre libération doit être rassurante et vous permettre d’apporter de l’ancrage et de la sécurité, et non pas un stress supplémentaire. Si ces symptômes persistent malgré votre pratique, consultez un professionnel de santé. Le SPT n’est pas un trouble à prendre à la légère car il peut altérer et dégrader votre vie sur le long terme (lien sociaux, travail, argent, famille, relation sentimentale). Il nécessite votre implication mais aussi un parcours thérapeutique complet (psychologue, thérapeute, hygiène de vie).

Bon à savoir

Le sport

Le sport peut aussi vous accompagner dans ce processus en aidant à réguler le taux de cortisol et en libérant les hormones du bien-être : endorphines (antidouleur naturel), sérotonine (régulateur de l’humeur), dopamine (motivation, plaisir). Ces substances naturelles réparent en profondeur les circuits émotionnels altérés par le trauma.

Une activité physique trop rapide et intense peut déclencher des crises. Privilégiez des activités douces (yoga, Qi gong, marche, natation…), sinon écoutez-vous. Écoutez votre corps et adaptez le rythme, faites des pauses.

Reiki en cas de crise pendant ou après le sport : posez les mains où vous en ressentez le besoin, pendant le temps nécessaire. Répétez l’intention suivante :

« Mon corps est un lieu sûr. Il sait parfaitement revenir à la paix ».

Le cri silencieux

Le « cri silencieux » est une pratique intuitive qu’on retrouve parfois dans des approches somatiques, qui peut avoir des bienfaits lorsqu’on cherche à libérer des tensions liées à un traumatisme, sans se submerger ni dérégler davantage le système nerveux. Il consiste à imiter l’acte de crier – ouvrir la bouche, contracter les muscles du visage, pousser l’énergie du cri – sans produire de son. Cela peut se faire dans un environnement privé, lorsque crier réellement dans notre société moderne n’est pas possible (par exemple, à la maison, dans un espace partagé, au travail, etc.).

Ce geste peut sembler anodin, mais il mobilise plusieurs éléments très puissants :

  • Le corps revit une libération émotionnelle sans la surcharge auditive ou sociale d’un vrai cri ;
  • Il sollicite les muscles du cou, du diaphragme, du visage, qui sont souvent contractés ou bloqués chez les personnes ayant vécu un traumatisme ;
  • Il permet de mobiliser le système nerveux autonome sans l’intensité parfois écrasante d’une décharge émotionnelle brutale.

Le cri, même silencieux, est un mécanisme archaïque d’auto-défense et de décharge émotionnelle. Lorsqu’un traumatisme n’a pas pu être exprimé à l’époque (figement, sidération, peur, etc.), le corps garde cette énergie en mémoire.

Les bienfaits sur le système nerveux sont nombreux :

  • Active doucement la branche sympathique du système nerveux (responsable de l’action/fuite), mais de façon contrôlée.
  • Offre une voie de sortie aux émotions bloquées (peur, colère, terreur, désespoir).
  • Peut favoriser un retour à la régulation, en activant ensuite la branche parasympathique (relaxation, retour au calme).

C’est une forme de micro-décharge somatique qui permet d’exprimer symboliquement ce qui n’a pas pu l’être, tout en respectant les limites du système.

Vous pouvez pratiquer le cri silencieux lors d’un auto-traitement de reiki ou lors d’une des méthodes de reiki cité juste au-dessus, autant de fois que nécessaire.

Pour conclure

Chaque personne est unique, chaque événement et chaque corps. Autrement dit, chaque SPT est unique aussi. Sa durée, son intensité, ses symptômes… Le but ici est d’apaiser et d’accompagner un processus dont le seul et unique but est de préserver et protéger.

Soyez doux et indulgent envers vous-même et envers votre corps. Ensemble, vous pourrez de nouveau pas à pas reprendre confiance et harmonie, pour tisser un horizon plus serein et sain. Grâce à cette épreuve, vous pouvez désormais réajuster votre vie et avoir une intuition plus fine pour cerner les événements et personnes bénéfiques pour vous. Même si cette épreuve est fragilisante en apparence, elle permet finalement de mieux comprendre vos propres besoins et de construire des relations nettement plus saines et vibrantes. Alors, faites confiance au processus et n’hésitez pas à en parler autour de vous dès que vous en ressentez le besoin.

Très généralement, les personnes sont compréhensives sur ce trouble. En parler peut vous aider à appréhender les éventuelles crises plus sereinement, si vous craignez les triggers en public (salle de sport, travail…). Parlez-en autour de vous sans forcément entrer dans les détails du traumatisme. Expliquez ce qu’est le SPT, les triggers, les symptômes. Vous verrez votre stress diminuer et cela diminuera par conséquent aussi les risques de faire une crise. Ainsi, si vous en faites une, les personnes sauront y répondre et pourront vous accompagner. Cela vous évitera l’isolement social et vous permettra d’entretenir une vie « normale », indispensable au retour d’une bonne santé mentale. Dans tous les cas, écoutez-vous, respectez votre corps et votre rythme. Le temps est aussi un médecin puissant.